Kalina Kamara, la PDG au rythme dans la peau

Entretien avec Kalina Kamara, jeune entrepreneuse passionnée qui est à la tête de deux entreprises : Lavilà et Danse Fitness Facile. Transportée par la danse et la musique, Kalina s'est aussi investie en tant que DJ. Ayant toujours eu l’âme d’une entrepreneuse, elle joint cette qualité à sa grande créativité au service de ses trois activités.


- Peux-tu te présenter en quelques mots ?


Je m’appelle Kalina et je suis entrepreneuse. Je suis quelqu’un de très dynamique qui aime beaucoup les challenges. À côté de cela, je suis aussi quelqu’un de calme et d’apaisant. Ce sont des attributs un peu opposés mais qui me décrivent très bien. Aussi, j’aime les chats.



- En quoi consiste ton métier exactement ?


Je suis entrepreneuse, j’ai deux entreprises qui sont des activités plutôt complémentaires. L’une est la gestion de Lavilà qui est une marque de produits du terroir bulgare biologiques, naturels et non transformés. Ma deuxième activité est en tant que coach de danse et de fitness. Je coach des chorégraphies pour des mariages ou des clips et je fais de la remise en forme. En complément de ces deux activités, je suis aussi DJ.



Quel parcours as-tu suivi pour en arriver là aujourd’hui ?


J’ai un parcours assez varié. J’ai toujours été bonne élève à l’école. J’ai fait une partie de ma scolarité en Guinée, entre 7 et 11 ans. Puis j’ai effectué le reste en Bulgarie. Pendant tout ce temps, j'ai toujours eu des initiatives tournées vers l’entreprenariat. J’aimais bien créer des choses. Je faisais des tableaux que je revendais à des cabinets d’avocats, je faisais des expositions, etc.


J’avais déjà cette âme d'entrepreneur et en même temps j’avais cette autre passion qui était la danse.


Je pratique la danse depuis l’âge de 6 ans. J’ai commencé par des danses de salon, ensuite j’ai fait du cheerleading, du modern jazz, du hip-hop... J’étais à toutes les kermesses, à tous les événements de l’école. C’est ainsi que j’ai grandi.


Je suis arrivée en France à 18 ans pour faire mes études supérieures. J’ai été à l’université Panthéon-Sorbonne en Économie et gestion. Ensuite en Master 1, je suis allé à Toronto pendant un an grâce à un programme d’échanges. J’étais en filière Commerce. À mon retour en France, j’ai fait un MBA en management international à l’INSEEC. Pendant tout ce temps-là je n’ai jamais cessé de danser. J’ai rejoint une troupe de danse à Paris. Petit à petit, je suis devenue chorégraphe pour une chanteuse africaine. Nous faisions des tournées, c’était un job étudiant pas très classique je dois dire. Au Canada, j’avais déjà réussi à participer à un grand spectacle qui tournait autour de la culture africaine. C’était une très belle expérience et cela m’a permis de me rapprocher de mes origines guinéennes.



Ces deux aspects de ma personnalité, le côté artistique et le côté entreprenariat ont toujours été un fil conducteur dans ma vie.


C’est après quelques expériences professionnelles à la suite de mes études en tant que commerciale et de responsable des ventes que j’ai décidé de me lancer dans l’entreprenariat. C’était pour moi le moyen de continuer d’allier ces deux facettes de ma personne.



- Comment est née l’idée de Lavilà ?


L’idée de Lavilà, c’était d’abord une idée d'entreprenariat avant que ce ne soit une idée de marque. Mes grands-parents étaient agriculteurs et leurs voisins apiculteurs. Je savais que chez nous nous avions du très bon miel et je n’arrivais pas à retrouver ce goût en France. Pourtant sur certains pots de miels figurait la mention « Bulgarie » ou « Union européenne ». Je ne comprenais pas vraiment.


J’ai donc commencé à creuser un peu cette question. Je me suis renseignée sur les méthodes de fabrication du miel, les origines, la législation autour de l’étiquetage, etc. J’ai alors constaté que souvent dans un même pot figuraient des miels de diverses origines. En creusant un peu plus, j’ai découvert que les apiculteurs bulgares vendaient souvent leur miel en gros à des grands industriels qui ensuite les mélangeaient avec d’autres miels. Sachant que le miel bulgare est d’excellente qualité, on l'utilise souvent pour rehausser le goût des autres qui sont un peu moins qualitatifs.


Il fallait créer une marque qui permettrait de mettre en avant ce miel bulgare pur, brut, d’excellente qualité et travaillé avec passion par nos apiculteurs.


Le fait qu’il soit labellisé bio était également important car, d’un côté, c’est la façon de garantir que le produit est vraiment naturel et fabriqué dans le respect de l’environnement et de notre santé. Par ailleurs, c’est quelque chose de tendance et cela permet de rassurer le consommateur vis-à-vis d’un produit qui vient de l’étranger.


C’est ce constat global qui a fait que j’ai voulu me lancer dans Lavilà en commençant par du miel. Et au fur et à mesure, cette idée a débordé sur tous les autres produits bulgares gourmets qui sont faits avec passion et qui viennent de notre terroir si spécifique. Comme on le sait, chaque pays à un terroir qui lui est propre et qui donne le goût de ses produits.

Bien qu’il y ait du miel en France, en Italie, en Bulgarie... Ces miels-là, même s’ils sont de la même variété, n’ont pas le même goût. Je trouvais cet aspect vraiment très intéressant.



- À quand remonte ton intérêt pour le secteur biologique/naturel ?


Je me suis intéressée au secteur biologique depuis que j’ai une vingtaine d’années. Quand nous sommes étudiants nous avons des habitudes de consommation qui diffèrent un peu. Nous mangeons des choses rapides. Au fur et à mesure quand je faisais mes courses, je me rendais compte que la nourriture n’avait pas le même goût que ce que je mangeais à la campagne en Bulgarie.


Finalement, je me suis rendue compte que c’était la façon dont était produits ces fruits et légumes. Ils avaient moins de goût et de nutriments. Petit à petit, j’ai alors commencé à m’orienter vers le secteur biologique. D’une part pour ma consommation personnelle puis ensuite pour Lavilà. Certes, le label bio n’est pas une garantie de qualité à 100% car il y a encore des choses qui sont discutables dans les cahiers des charges du secteur biologique. Mais c’est déjà un très bon pas vers une alimentation plus saine et plus respectueuse de l’environnement.



- Quel est ton plat bulgare préféré ?


Mon plat bulgare préféré est la moussaka bulgare. La moussaka que tout le monde connaît est la moussaka grecque. Nous, nous la faisons avec des pommes de terre, de la viande, des carottes, des tomates... Nous la mangeons avec une sauce au yaourt. C’est vraiment très bon !



- Quel est ton plat français préféré ?


Mon plat français préféré est le confit de canard avec les pommes sautées à la sarladaise. C’est un plat du sud-ouest avec de l’ail, de l’échalote et du persil. Quand j’étais petite, j’adorais le poulet rôti avec des pommes de terre que ma mère faisait le dimanche.



- Quelle est la région de Bulgarie que tu préfères ?


Ma région préférée de Bulgarie est les Rhodopes. Il s’agit d’une zone montagneuse. C’est un lieu magique, où la nature y est sublime. Nous nous sentons tout petits mais en même temps protégés.


Mon arrière-grand-mère avait une maison là-bas et j’ai eu la chance de lui rendre visite avant qu’elle ne décède. La maison était située dans un petit village se nommant Yagoda. C’est un tout petit village situé en hauteur. « Yagoda » veut dire fraise en bulgare. C’est l’endroit où il y avait les meilleures fraises que j’ai pu goûter de toute ma vie.



- Peux-tu nous donner 3 de tes principales qualités et 3 défauts ?


Pour les qualités, ce serait la patience, la détermination et la gentillesse. Pour ce qui est des défauts, je dirais que je suis têtue, trop accommodante et souvent trop rêveuse.



- Si tu pouvais changer quelque chose en Bulgarie, qu’est-ce que ce serait ?


Nous avons été sous l’Empire Ottoman durant cinq siècles, je trouve que les bulgares ont souvent une mentalité de personne abattue, qui pense que le sort s’acharne sur lui. Si je le pouvais, j’inculquerais aux Bulgares dès leur plus jeune âge une mentalité de gagnant, de conquérant. On constate quand même une belle évolution avec toute la génération des années 90 à 2000, souvent partie étudier à l'étranger et qui revient s'installer en Bulgarie avec de beaux projets ambitieux.



- Et si tu pouvais changer quelque chose en France ?


C'est très difficile de généraliser et personne n'est pareil. Dans le contexte de cette question, ce que j'aimerais changer en France est à l'opposé de ce que je reproche à mes compatriotes bulgares, c'est parfois le trop de confiance en soi. Je pense que les français pourraient s’inspirer un peu plus des autres, s’ouvrir davantage à d’autres idées, à d’autres cultures sans comparaison ou compétition juste pour le plaisir de partager.



- Cela fait maintenant plus de 10 ans que tu es en France. Y-a-t-il encore des choses qui te paraissent étranges, culturellement parlant ?


La bise. Ce qui est drôle c’est que depuis que nous ne pouvons plus la faire à cause de l'épidémie de Covid-19, cela me manque un peu. Mais sinon je trouve le concept de la bise un peu bizarre. Parfois, quand je rencontre quelqu’un pour la première fois, je ne sais pas si je dois faire la bise ou pas.



- Quel est le mot français que tu as le plus de mal à prononcer ?


Mon compagnon se moque de moi quand je prononce le mot « appuyer ». Je n'arrive toujours pas à savoir pourquoi...


- Plutôt café ou thé 🍵 ? Café.


- Plutôt séries 🎥 ou films 🎬 ? Séries.


- Plutôt salé 🍝 ou sucré 🍰 ? Sucré.


- Plutôt chien 🐶 ou chat 🐱 ? Chat.


- Plutôt lève-tôt 🌅 ou lève-tard ? Lève-tôt.


- Style de musique préféré 🎶 ? Hip-hop, RnB, soul.


- Saison préférée 🍃 ? Le printemps.


- Quelle est votre couleur préférée 🌈 ? Le jaune.


- Quel pays rêves-tu de visiter ✈️ ? La Nouvelle-Zélande.


- À l’école, plutôt matières scientifiques ou littéraires 📓 ? Les matières scientifiques.


- Qu’aimerais-tu que l’on retienne de toi 🙃 ?


J’aimerais avoir un parcours qui inspire les autres et qui les pousse à l'action. Je souhaite montrer que nous pouvons oser les choses et vivre selon nos propres règles.